Création : SUZANNE

Conception et mise en scène : Lorenz Jack CHAILLAT-CAVAILLÉ, Julien CHAUDET, Julien DERANSY & Eurydice GOUGEON-MARINE

Performeurs.euses : Lorenz Jack CHAILLAT-CAVAILLÉ, Julien CHAUDET, Julien DERANSY, Eurydice GOUGEON-MARINE, Eva STUDZINSKI & Camille VOYENNE

Création sonore : MOLPÉ (Marina SANGRA)

Photographie : Antoine GRÉDAI & Nicolas Dion

Création : SUZANNE

Conception et mise en scène : Lorenz Jack CHAILLAT-CAVAILLÉ, Julien CHAUDET, Julien DERANSY & Eurydice GOUGEON-MARINE

Performeurs.euses : Lorenz Jack CHAILLAT-CAVAILLÉ, Julien CHAUDET, Julien DERANSY, Eurydice GOUGEON-MARINE, Eva STUDZINSKI & Camille VOYENNE

Création sonore : MOLPÉ (Marina SANGRA)

Photographie : Antoine GRÉDAI & Nicolas Dion

CANON

(…) elles sont bien plus belles quand elles n’imitent rien.”
Henri Focillon, Éloge de la main, 1934.

 

Avec CANON, SUZANNE s’intéresse aux gestes de la main inutiles et non-fonctionnels. Peuplant notre quotidien, ces gestes “fantômes”, de “l’entre-deux” – quelque part entre le conscient et l’inconscient -, ne sont jamais exécutés dans l’intention de “faire”. Ce langage instinctif, né d’une émotion, d’une attitude, d’un réflexe et traduit par les mains, SUZANNE en fait l’étude et répertorie ce vocabulaire empreint de sa sensibilité propre. Tels des laborantins dans une chambre d’expérimentation, les performeurs et les performeuses exécutent un protocole chorégraphique visant à immobiliser petit à petit le mouvement de ces mains pour en capturer l’image la plus canonique.

 

Cette démarche subjective et intime que SUZANNE entreprend s’inscrit dans une volonté de canoniser les gestes faussement insignifiants et transitionnels souvent invisibles, et leur permettre d’atteindre un idéal de perfection. Reprenant à son compte les mots de l’historien de l’art Henri Focillon (Éloge de la main, 1934), SUZANNE attire le regard sur les “bouquets de figures” que  forment les mains lorsque nous ne les regardons pas, et les magnifie.

 

CANON est une suite d’images mettant en scène les mains réelles des interprètes de SUZANNE. Ces mains sont diverses dans leurs formes : masculines, féminines, non binaires, colorées. Les mains générationnelles de SUZANNE par leur matérialité incarnent l’intention de canonisation : faire changer de statut ces mains “oubliées” mais aussi que ces mains soient celles du présent, ici et maintenant. Ces mains sont celles de SUZANNE et sont celles de tout le monde. En mouvement, les mains de chaque performeur.se bougent lentement jusqu’à venir trouver une figure appartenant au répertoire de SUZANNE.

 

De ces figures naissent des images canonisées qui sont diffusées en direct par vidéo-projection, dans un format conséquent qui rappellerait les grands formats de peintures d’Histoire, – sur une façade architecturale, la devanture d’un monument ou encore dans l’enceinte d’un bâtiment. Elles donnent à voir des arrêts sur image poétiques, des “tableaux” inédits. L’immobilité des mains des performeurs.ses participe au processus de canonisation de ces nouvelles images qui est l’aboutissement de ce protocole qui se veut long, minutieux et précis.

 

“Je ne sais si l’homme qui interroge celle-ci a chance de déchiffrer une énigme,
mais j’aime qu’il contemple avec respect cette fière servante.”

 

Ce protocole est à envisager comme un dispositif chorégraphique et performatif, où SUZANNE viendrait enrichir de façon canonique son répertoire gestuel minimaliste qui lui est si cher. SUZANNE instaure ici l’éloge canonique de l’anonyme en donnant une dimension toute nouvelle à son propre langage.

(…) elles sont bien plus belles quand elles n’imitent rien.”
Henri Focillon, Éloge de la main, 1934.

 

Avec CANON, SUZANNE s’intéresse aux gestes de la main inutiles et non-fonctionnels. Peuplant notre quotidien, ces gestes “fantômes”, de “l’entre-deux” – quelque part entre le conscient et l’inconscient -, ne sont jamais exécutés dans l’intention de “faire”. Ce langage instinctif, né d’une émotion, d’une attitude, d’un réflexe et traduit par les mains, SUZANNE en fait l’étude et répertorie ce vocabulaire empreint de sa sensibilité propre. Tels des laborantins dans une chambre d’expérimentation, les performeurs et les performeuses exécutent un protocole chorégraphique visant à immobiliser petit à petit le mouvement de ces mains pour en capturer l’image la plus canonique.

 

Cette démarche subjective et intime que SUZANNE entreprend s’inscrit dans une volonté de canoniser les gestes faussement insignifiants et transitionnels souvent invisibles, et leur permettre d’atteindre un idéal de perfection. Reprenant à son compte les mots de l’historien de l’art Henri Focillon (Éloge de la main, 1934), SUZANNE attire le regard sur les “bouquets de figures” que  forment les mains lorsque nous ne les regardons pas, et les magnifie.

 

CANON est une suite d’images mettant en scène les mains réelles des interprètes de SUZANNE. Ces mains sont diverses dans leurs formes : masculines, féminines, non binaires, colorées. Les mains générationnelles de SUZANNE par leur matérialité incarnent l’intention de canonisation : faire changer de statut ces mains “oubliées” mais aussi que ces mains soient celles du présent, ici et maintenant. Ces mains sont celles de SUZANNE et sont celles de tout le monde. En mouvement, les mains de chaque performeur.se bougent lentement jusqu’à venir trouver une figure appartenant au répertoire de SUZANNE.

 

De ces figures naissent des images canonisées qui sont diffusées en direct par vidéo-projection, dans un format conséquent qui rappellerait les grands formats de peintures d’Histoire, – sur une façade architecturale, la devanture d’un monument ou encore dans l’enceinte d’un bâtiment. Elles donnent à voir des arrêts sur image poétiques, des “tableaux” inédits. L’immobilité des mains des performeurs.ses participe au processus de canonisation de ces nouvelles images qui est l’aboutissement de ce protocole qui se veut long, minutieux et précis.

 

“Je ne sais si l’homme qui interroge celle-ci a chance de déchiffrer une énigme,
mais j’aime qu’il contemple avec respect cette fière servante.”

 

Ce protocole est à envisager comme un dispositif chorégraphique et performatif, où SUZANNE viendrait enrichir de façon canonique son répertoire gestuel minimaliste qui lui est si cher. SUZANNE instaure ici l’éloge canonique de l’anonyme en donnant une dimension toute nouvelle à son propre langage.

Extrait de la performance lors de la NUIT BLANCHE 2020 de Paris au Musée des Archives Nationales de Paris

PROTOCOLE

CANON se déroule selon un protocole itératif précis :

 

Dans un espace ouvert et resserré, faisant penser aussi bien à un studio photographique qu’à un laboratoire, et autour duquel le public peut circuler, cinq caméras sont positionnées sur pied axées vers cinq fonds noirs, des projecteurs viennent habiller l’espace et éclairent chaque “toile” noire.

 

À l’intérieur de cet espace à l’organisation visuellement complexe et déstructurée, les dix performeurs suivent un protocole chorégraphique bien précis qui consiste à créer des “bouquets de mains” face aux caméras. Ce protocole n’est pas sans rappeler la méthodologie d’une expérience scientifique, répondant à un cahier des charges dont les étapes sont les suivantes :

  1. Le ou la performeur.se vient se placer derrière l’un des fonds noirs, insère ses mains dans les fentes et positionne ses mains face caméra (de telle sorte à ce qu’uniquement leurs mains soient visibles à l’écran).
  2. Le ou la performeur.se frictionne alors ses mains pendant quelques secondes et fige alors son mouvement dans une position de mains choisie (position appartenant au répertoire de SUZANNE).
  3. Un.e autre performeur.euse dit «volant» viendra vérifier régulièrement que la position est bonne et pourra si besoin donner des indications pour améliorer la position.
  4. Au bout de quelques minutes, un ou une autre performeur.euse viendra se placer derrière le même fond noir pour prendra alors sa place.

Ce protocole est éxécuté en même temps par différent.e.s performeurs.euses sur les différents fonds noirs en canon et selon un enchainement précis. Chacune des vidéos prises par les caméras est retransmise en direct par vidéo-projection et projetée en grand format (adaptable au support) sur la façade d’un monument, sur les murs d’une galerie ou sur une série d’objets par exemple dans un espace situé proche de celui la performance réelle.

 

Bien que les dimensions s’adaptent au support, la structure quant à elle reste la même : les cinq projections sont placées horizontalement les unes à la suite des autres, créant ainsi une frise constituée de vignettes.

 

Enfin, à intervalle régulier lors de la performance, les performeurs.euses quittent leurs positions pour se regrouper au centre de l’espace de performance et entamment en coeur un chant polyphonique.

 

Le protocole, au fil de ces étapes successives, a pour objectif d’isoler et de figer le mouvement par tous les moyens mis en oeuvre : “organique” par l’isolation des mains sans le reste du corps des performeurs.ses et “technique” par le médium de l’image de la vidéo à la photographie.

CANON

est

JULIEN CHAUDET
JULIEN CHAUDET
JULIEN DERANSY
JULIEN DERANSY
EURYDICE GOUGEON-MARINE
EURYDICE GOUGEON-MARINE
LORENZ JACK CHAILLAT-CAVAILLÉ
LORENZ JACK CHAILLAT-CAVAILLÉ
EVA STUDZINSKI

&

 

CAMILLE VOYENNE

CANON

en image

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