Création : SUZANNE

Conception et mise en scène : Lorenz Jack CHAILLAT-CAVAILLÉ, Julien CHAUDET, Julien DERANSY, Grégoire FRANÇOIS & Eurydice GOUGEON-MARINE 

Interprètes : Lorenz Jack CHAILLAT-CAVAILLÉ, Julien CHAUDET, Jean DELAHAYE, Julien DERANSY, Mélina FERNÉ, Grégoire FRANÇOIS, Eurydice GOUGEON-MARINE, Mélissa LALANNE, Julia LEBLANC LACOSTE, Marina SANGRA, Eva STUDZINSKI & Camille VOYENNE

Consultant en programmation algorithmique : Alexis GUYOT

Technique et son : Matias ELICHABEHERE

Photographie : Antoine GRÉDAI

Création : SUZANNE

Conception et mise en scène : Lorenz Jack CHAILLAT-CAVAILLÉ, Julien CHAUDET, Julien DERANSY, Grégoire FRANÇOIS & Eurydice GOUGEON-MARINE 

Interprètes : Lorenz Jack CHAILLAT-CAVAILLÉ, Julien CHAUDET, Jean DELAHAYE, Julien DERANSY, Mélina FERNÉ, Grégoire FRANÇOIS, Eurydice GOUGEON-MARINE, Mélissa LALANNE, Julia LEBLANC LACOSTE, Marina SANGRA, Eva STUDZINSKI & Camille VOYENNE

Consultant en programmation algorithmique : Alexis GUYOT

Technique et son : Matias ELICHABEHERE

Photographie : Antoine GRÉDAI

STATU

Comme SUZANNE, vous scrollez régulièrement le fil d’actualité de votre page Facebook, vous faites deux, trois recherches quotidiennes sur Google, tout en écoutant la playlist recommandée spécialement pour vous par Spotify. Comme SUZANNE, encore, vous cherchez l’itinéraire le plus rapide pour vous rendre à votre rendez-vous et êtes interrompus par une notification de votre application préférée ou par un SMS publicitaire du site internet sur lequel vous avez effectué un achat avant-hier. Et comme SUZANNE, vous êtes pleinement conscients que toutes les informations qui découlent de ces actions n’arrivent pas par hasard…

 

Moteurs de recherche internet, réseaux sociaux, marchés financiers, jeux vidéo, pilotages automatiques, domotique, plateformes d’écoute, de téléchargement et de streaming, applications en tout genre… Aujourd’hui le monde numérique est régi par les algorithmes, c’est à dire des ensembles de règles opératoires automatisées.

 

Ces mécanismes informatisés deviennent une extension de la logique humaine grâce à laquelle les choix et les décisions sont facilités, voire déterminés d’avance, ne laissant plus de place au hasard et à l’imprévu.

 

Mais si les performances de ces programmes algorithmiques, en terme de rapidité et de fiabilité de calcul, devancent de loin celle de l’homme ; son exécution, quant à elle, suit un protocole de traitement d’informations bien humain.

 

SUZANNE s’intéresse alors aux différences qui opposent l’homme, ses limites physiques et mentales, à ce système technologique qui se veut parfait et infaillible, qu’il a lui-même créé ; et tend à évaluer l’homme et ses capacités de réussite, d’échec et de “bug” dans un protocole de simulation algorithmique.

TEASER STATU

ALGORITHME

import random
import pandas as pd

 

TABLEAU = pd.DataFrame([
{‘C’: ‘Mettre une boucle d’’oreille’,    ‘B’: ‘Toucher ses seins’,                             ‘A’: ‘Coucou de loin’},
{‘C’: ‘Réajuster sa cravate’,               ‘B’: ‘Remettre ses couilles en place’,     ‘A’: ‘Poignée de main’},
{‘C’: ‘Regarder sa montre’,                ‘B’: ‘Se gratter’,                                            ‘A’: ‘Bise’},
{‘C’: ‘Mettre des collants’,                  ‘B’: ‘Regarder son cul dans le miroir’,    ‘A’: ‘Accolade’},
{‘C’: ‘Selfie’,                                            ‘B’: ‘Regarder ses mains’,                         ‘A’: ‘Check’}])

 

def algo(TABLEAU) :

a = random.randint(0,4)
b = random.randint(0,4)
c = (min(a,b) + 4) % 5
k = random.randint(0,2)
i = 0
geste = TABLEAU.loc[(a+0)%5][k]
print(“1er geste :”,geste)
geste = TABLEAU.loc[(b+0)%5][(k+1)%3]
print(“2ème geste :”,geste)
while True:

geste = TABLEAU.loc[(a+i)%5][k]
if geste != ‘Erreur’:

print(geste)

else:

print(‘Erreur’)

break

geste = TABLEAU.loc[(b+i)%5][(k+1)%3]

if geste != ‘Erreur’:

print(geste)

else:

print(‘Erreur’)

break

geste = TABLEAU.loc[(c+i)%5][(k+2)%3]

if geste != ‘Erreur’:

print(geste)

else:

print(‘Erreur’)

break

i+=1

ENTRETIEN

Avec Alexis GUYOT, ingénieur en mathématiques et consultant en technologies dans le projet STATU de SUZANNE.

Bonjour Alexis, SUZANNE a fait appel à toi pour partager ton expérience afin de développer la partie algorithmique du projet STATU. Qu’est-ce qui t’a tout de suite interpellé dans ce projet ?

 

Les algorithmes ont été créés par l’Homme pour que les machines exécutent parfaitement une quantité monstrueuse d’opérations et de calculs. Par exemple, les calculs de trajectoires d’astéroïdes, que les ordinateurs réalisent en quasi temps réel pour surveiller notre planète, prendraient des milliers d’années s’ils étaient exécutés par l’Homme. L’exécution d’algorithme par l’Homme est donc une idée qui me paraissait absurde et qui ne m’a jamais traversé l’esprit à vrai dire.

Quand SUZANNE m’a parlé de ce projet, j’ai tout de suite été curieux de deux choses : premièrement d’imaginer l’effet psychologique subi par l’humain dans cette exécution absurde, et deuxièmement de voir la qualité de cette exécution aussi bien sur l’aspect de la beauté que de la fiabilité du cerveau à exécuter cette tâche.

 

Explique-nous donc en quoi a consisté ta collaboration ?

 

Le but était de pouvoir concevoir un algorithme, une règle d’exécution de gestes qui soit suffisamment simple pour être exécutable par l’humain, mais suffisamment subtile pour qu’il laisse la possibilité à l’humain de faire des erreurs. Le dernier critère était que l’humain ne puisse pas s’habituer à l’exécution de l’algorithme et devienne infaillible. Il devait donc comporter une partie d’aléatoire. SUZANNE a défini les gestes et leur esthétique, et j’ai participé de mon côté à définir les règles qui les mettent en mouvement en suivant ces critères.

 

STATU, c’est donc la science au service de l’art. À travers ce projet, qu’est-ce que l’art apporte en retour au domaine scientifique/technologique selon toi, et à la vision que l’on s’en fait ?

 

En travaillant dans le domaine de l’intelligence artificielle, je me pose forcément la question de l’éthique de l’usage de ces technologies. 

Mais ce sont souvent des questions peu tangibles et très conceptuelles. STATU m’a permis d’appréhender la question de la position de l’Homme face aux technologies, d’une manière beaucoup plus terre à terre.

Dans cette performance, l’homme possède une sensibilité, il ressent, il est sujet à des émotions qui interfèrent négativement avec l’exécution d’une tâche automatique. L’intégration d’un corps étranger par l’homme pour en faire un élément de lui-même, en l’occurrence ici l’algorithme faisant référence à la technologie, a pour conséquence l’apparition d’un état de souffrance et de contrainte qui n’est pas naturel pour lui.

Cela me paraît être une métaphore et en même temps une démonstration par l’expérience très concrète des conséquences de l’assimilation massive des technologies dans nos sociétés d’aujourd’hui. 

 

Alors selon toi, qu’elle est la plus belle façon d’exécuter un algorithme, par l’homme ou la machine ?

 

D’un point de vue commun, l’exécution parfaite d’un algorithme n’est qu’une norme pour que nous puissions utiliser les services dont il est le rouage. En tant que data scientist, lorsque je passe un certain temps à développer un algorithme après étude, après tests et corrections, il y a une certaine jouissance à le voir s’exécuter parfaitement par la machine. C’est comme la concrétisation de la puissance du cerveau humain.

En revanche, lorsque les performeurs de STATU ont exécuté l’algorithme, les erreurs ne m’ont plus paru comme signe d’un échec ou d’une imperfection, mais elles sont devenues belles à regarder. Ces erreurs subliment l’être humain en le rendant humble. En effet, l’Homme a tendance à se positionner au-dessus de tout être vivant et de tout phénomène physique, grâce à sa capacité à extraire de la Nature qui l’entoure, une vérité qu’il pense toucher par les Sciences. Retrouver cette humilité par l’erreur est donc une très belle façon d’exécuter un algorithme ! 

STATU

est

JEAN DELAHAYE
JEAN DELAHAYE
EURYDICE GOUGEON-MARINE
EURYDICE GOUGEON-MARINE
JULIEN DERANSY
JULIEN DERANSY
MÉLINA FERNÉ
MÉLINA FERNÉ
LORENZ JACK CHAILLAT-CAVAILLÉ
LORENZ JACK CHAILLAT-CAVAILLÉ
MARINA SANGRÀ
MARINA SANGRÀ
GRÉGOIRE FRANÇOIS
GRÉGOIRE FRANÇOIS
EVA STUDZINSKI
EVA STUDZINSKI
JULIEN CHAUDET
JULIEN CHAUDET

mais aussi :

 

JULIA LEBLANC-LACOSTE

 

MÉLISSA LALANNE

&

CAMILLE VOYENNE

STATU

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